Une crise fondatrice de méthodes

 

En octobre 1962, alors que la guerre froide battait son plein, un avion espion américain prend des photos de sites de lancement de missiles à tête nucléaire à Cuba. On identifie également 26 navires soviétiques transportant des ogives nucléaires qui sont en route vers l’ile. Il s’en suivit une crise qui dura 13 jours, « les plus longs de ma vie » selon le frère du président, Bob Kennedy.

 

Le président Kennedy mit alors en place l’Executive commitee (ou ExComm) qui eut pour tache la résolution de cette crise, développant à cette occasion la quasi-totalité des concepts de la gestion de crise. Cette crise est l’une des crises internationales les plus intéressantes à étudier et reste aujourd’hui d’une extrême pertinence par son apport d’éléments de réponse à la crise qui furent innovants, créatifs, révolutionnaires. L’analyse de cette crise est remarquable d’enseignements utiles et opérationnels.

 

C’est ce que propose cet ouvrage très didactique, d’une grande pédagogie, qui présente de manière ludique et décalée, les concepts opérationnels de la gestion de crise sous forme de fiches indépendantes ou chaque concept est mis en regard avec son éclairage historique. L’aspect novateur du livre est le système décalage/recalage consistant à prendre un exemple (décalage) dans l’histoire contemporaine et à le mettre en regard avec l’explication de la théorie (recalage). Il s’agit de s’inspirer d’un évènement historique majeur pour donner des conseils opérationnels et pratiques, applicables aujourd’hui.

 

La totalité des concepts qui furent développés à l’occasion de cette crise y est listée et expliquée. Si l’un des concepts clé de la gestion de crise, à savoir la mise en place d’une main courante, fut formellement absent, elle eut bien lieu sous forme d’enregistrements du président Kennedy, les « Kennedy tapes », qui ne furent réellement disponibles qu’ultérieurement à la crise lorsqu’ils furent déclassifiés. La parution du récit personnel, et donc subjectif, de Bob Kennedy, 3 ans après Cuba, mit en lumière l’absence de main courante.

 

L’ouvrage est construit sous forme de fiches indépendantes, traitant chacune d’un des concepts de la gestion de crise. Ainsi, des notions très différentes comme les membres de la cellule de crise, la difficulté à prendre des décisions sous pression, l’importance de nommer la crise ou encore le rôle du débriefing, pour ne citer qu’eux, font partie des concepts abordés. Il est agrémenté d’un « jeu dont vous êtes le héros » qui permet de tester ce qui se serait passé si vous aviez été « a leur place ».

Les leçons de la crise des missiles de Cuba